Opération "koulan" au Kazakhstan

Notre vétérinaire Thierry Petit a récemment participé à la translocation d’une dizaine d’ânes sauvages d’Asie également appelés hémiones, depuis le Parc National d’Emel situé dans le sud-est du Kazakhstan vers la zone protégée d’Altyn Dala dans les steppes centrales du pays.
Cette opération constitue la première étape d’un projet pluriannuel visant à restaurer et protéger les populations de grands herbivores (hémiones, chevaux de Przewalski, antilopes Saïga) au sein d’un vaste habitat désormais disponible dans la région suite aux profonds changements occasionnés par l’effondrement de l’Union soviétique.

Autrefois, l’hémione arpentait les steppes d’Asie centrale et du Moyen-Orient, depuis la Méditerranée jusqu’à l’est de la Mongolie. Mais la chasse pour sa viande, la compétition avec le bétail domestique et la réduction de son habitat au profit de l’agriculture ont entraîné un déclin important de ses effectifs qui subsistent aujourd’hui sur à peine 3% de leur aire de répartition originelle. La sous-espèce d’Asie centrale, Equus hemionus kulan, est listée en danger sur la Liste Rouge de l’UICN. Seules quelques petites populations isolées demeurent encore au Turkménistan, en Ouzbékistan et au Kazakhstan où cette sous-espèce a d’ailleurs été réintroduite à partir des années 50 après son extinction enregistrée dans les années 30.
 
Le projet, coordonné par l’Institut Norvégien de Recherche sur la Nature (NINA) et l’Association pour la Conservation de la Biodiversité du Kazakhstan (ACBK), souhaite déplacer une quarantaine d’hémiones vers les steppes centrales sur une période de 3 à 4 ans afin de doubler l’aire de répartition des hémiones en Asie centrale et d’accroître la population globale de façon significative. Cette première translocation constituait une phase pilote afin de tester la méthodologie et la logistique mises en œuvre pour les captures, les manipulations, le transport puis les relâchés.
 
Les animaux ont été dirigés à l’aide de véhicules vers plusieurs corrals. Ils ont ensuite été anesthésiés pour faciliter leur examen sanitaire par les vétérinaires puis leur mise en caisse. Après un transport en hélicoptère sur près de 1200 km, ils ont été libérés dans un large enclos d’acclimatation aménagé sur le site de réintroduction. Ils y passeront plusieurs mois avant d’être définitivement relâchés au printemps 2018.









 
Cette opération d’envergure a été rendue possible grâce à la collaboration entre les partenaires suivants : Institut Norvégien pour la Recherche sur la Nature, Association pour la Conservation de la Biodiversité du Kazakhstan, Comité des Forêts et de la Faune du Ministère de l’Agriculture du Kazakhstan, la Société Royale pour la Protection des Oiseaux (RSPB), la Société Zoologique de Francfort (FZS), et le Zoo de Nuremberg dans le cadre de l’Initiative de Conservation d’Altyn Dala. L’assistance vétérinaire a été fournie par la Wildlife Conservation Society, l’Université de Médecine vétérinaire de Vienne et le Zoo de La Palmyre.
 
F. Perroux