Naissance d’un chimpanzé

Notre groupe de chimpanzés (Pan troglodytes troglodytes) formé courant 2015 compte désormais un nouveau membre ! Bamia, âgée de 13 ans, a en effet donné naissance à son premier petit, un mâle, le 11 novembre dernier. Il va bien mais l’équipe vétérinaire a dû supplémenter sa mère avec du calcium, de la vitamine D et un produit à base de plantes permettant de stimuler sa production de lait qui semblait insuffisante. Autre incertitude de départ : le petit n’était pas vraiment bien positionné sur le sein. Les femelles primipares (qui mettent bas pour la première fois) manquent en effet d’expérience maternelle et ont parfois besoin d’un peu de temps pour ajuster leur comportement, d’où l’importance de surveiller étroitement mère et petit au cours des premiers jours. Les soigneurs ont finalement pu s’assurer que le bébé tétait régulièrement et qu’il était solidement accroché. Il est aujourd’hui âgé d’un peu plus d’un mois mais l’équipe reste évidemment attentive à son évolution, sa croissance paraissant en effet relativement lente.

Les chimpanzés comptent 4 sous-espèces réparties dans un peu plus d’une vingtaine de pays d’Afrique. Relativement adaptables, ils évoluent dans des habitats très différents allant de la savane boisée en plaine à la forêt tropicale dense d’altitude.
 
Vivant en communautés multimâles/multifemelles comptant parfois jusqu’à une centaine d’individus, ils se nourrissent de fruits, de feuilles, d’insectes mais aussi de petits mammifères chassés par les mâles.
 
L’aire de répartition du chimpanzé d’Afrique centrale (Pan troglodytes troglodytes) couvre 7 pays, le Gabon, le Cameroun et le Congo abritant les populations les plus importantes. Le nombre total pour cette sous-espèce se situe probablement autour de 140000 individus. Elle est classée « en danger » sur la Liste Rouge de l’UICN. Ils vivent principalement dans les forêts tropicales humides de plaine et dans les forêts marécageuses.

 
Comme les trois autres sous-espèces, les chimpanzés d’Afrique centrale sont sévèrement menacés par la destruction de leur habitat et le braconnage pour la viande de brousse. Les maladies infectieuses (notamment le virus Ebola), le trafic des jeunes revendus à des privés peu scrupuleux et le changement climatique (qui a des conséquences sur la productivité des forêts), représentent également des dangers importants.
 
La population captive ne compte qu’une quarantaine individus et fait l’objet d’un Programme d’Elevage Européen (EEP) depuis 2015.