ZGAP

Endémique à la Forêt Atlantique brésilienne, le capucin à poitrine jaune (Cebus xanthosternos) est classé en danger critique d’extinction sur la Liste Rouge de l’UICN[1].
 
L’écosystème forestier dans lequel il évolue est l’un des plus fragilisés au monde. Détruit au profit de l’aménagement de ranchs pour le bétail et de terres agricoles, seuls 11% de sa surface originelle subsistent encore à l’heure actuelle. La Forêt Atlantique héberge pourtant plus de 260 espèces de mammifères (dont 14 espèces de primates endémiques), 20000 végétaux différents, 934 espèces d’oiseaux et plus de 450 espèces d’amphibiens. Véritable « hot spot » de la biodiversité, le taux d’endémisme y est exceptionnel : 27% pour les mammifères, 40% pour les plantes et plus de 60% pour les amphibiens !
 
Abondants par le passé, les capucins à poitrine jaune sont aujourd’hui au bord de l’extinction à cause de la chasse et de la destruction de leur habitat. Conscient des menaces pesant sur l’espèce, l’Institut Brésilien pour l’Environnement (IBAMA) a décidé au début des années 90 de créer un Comité International pour la gestion et la conservation des capucins de la Forêt Atlantique (dont Cebus xanthosternos).
 
L’objectif était double : établir un programme d’élevage en captivité afin de constituer un « réservoir » génétique pour l’espèce et développer les recherches sur le terrain afin d’évaluer son statut, de mieux comprendre sa biologie et d’apporter des recommandations pour sa préservation face aux pressions environnementales de plus en plus fortes.
 
Dans les années 2000, le programme d’élevage s’est rapidement développé en Europe grâce à la création d’un EEP. En contrepartie de leur participation à l’EEP, les zoos européens s’engageaient aussi à financer leur conservation in situ, via l’association CEPA[2] jusqu’en 2012, puis la ZGAP[3] aujourd’hui.
 
Les études menées sur le terrain entre 2001 et 2010, principalement dans l’est de l’aire de répartition de l’espèce (régions côtières à forêts humides), ont permis d’estimer la population globale de capucins à poitrine jaune à environ 3000 individus. La collecte de données sur leur éco-éthologie a été rendue possible par la pose de colliers émetteurs sur plusieurs individus et l’installation de plateformes de nourrissage à proximité de pièges photographiques.
 
En 2010, grâce au travail mené par les chercheurs et à leurs préconisations en matière de conservation, le gouvernement brésilien a créé le Parc National de Serra das Lontras qui regroupe plus de 11000 hectares de forêt entièrement protégés.
 
Malgré les avancées de ces 20 dernières années, beaucoup de choses restent encore à faire pour protéger durablement les capucins à poitrine jaune et notamment les populations encore peu étudiées évoluant à l’intérieur des terres. Le programme prévoit notamment un recensement dans la partie ouest de l’aire de distribution de l’espèce caractérisée par un habitat très différent (forêt sèche et broussailleuse) et où des comportements d’utilisation d’outils (bris de noix de palme à l’aide de pierres servant de marteau et d’enclume) ont été observés.
 
Le Zoo de La Palmyre finance la conservation des capucins à poitrine jaune depuis 2004, date de leur arrivée au parc.
 
Site internet : www.zgap.de
 
 
[1]Conservation des Espèces et Populations Animales
[2]Zoologische Gesellschaft für Arten und Populationsschutz e.V.

 
Crédits photos : J-M. Lernould, F. Perroux.