WAPCA

La forêt pluviale guinéenne est l'un des écosystèmes les plus diversifiés d'Afrique. S'étirant de la Guinée au Cameroun, elle abrite près d'un quart des mammifères africains, dont une vingtaine d'espèces de primates. Aujourd'hui elle ne s'étend plus que sur 15% de sa surface originelle et doit faire face à des pressions constantes : déforestation pour l'exploitation du bois, au profit de l'expansion de l'agriculture ou de l'exploitation minière, chasse pour la viande de brousse.
 
L'association WAPCA[1], créée à l'initiative de plusieurs zoos européens, vise à conserver les primates menacés du Ghana et de Côte d'Ivoire, en particulier le cercopithèque Roloway (Cercopithecus roloway) classé sur la liste des 25 primates les plus menacés au monde, le colobe de Miss Waldron (Procolobus badius waldroni, en danger critique d'extinction, peut-être éteint) ainsi que le cercocèbe couronné (Cercocebus atys lunulatus, en danger). 

WAPCA Ghana agit dans différents domaines :
- prospections régulières en forêt afin d'évaluer le niveau des populations de primates,
- formation des communautés locales et du personnel de la Division Faune Sauvage de la Commission Forestière du Ghana au suivi des primates, à la collecte de données et à la lutte anti-braconnage,
- organisation de campagnes d'éducation à destination des écoliers mais aussi des adultes (et notamment les chefs de village).

Parallèlement à ses activités de terrain WAPCA Ghana a établi un Centre pour primates menacés[2] à Accra, la capitale du pays, qu'elle co-dirige avec la Division Faune Sauvage du Ghana. Les cercopithèques Roloway et les cercocèbes couronnés orphelins confisqués aux particuliers sont hébergés au sein du centre et sont désormais inclus dans les Programmes Européens d'Elevage[3] des deux espèces afin de maintenir une population captive globale saine, susceptible de fournir à l'avenir des individus pour des réintroductions dans des réserves sécurisées.
 
De son côté, WAPCA Côte d'Ivoire a exploré plusieurs forêts du pays afin d'identifier les zones abritant encore ces espèces et de définir les sites prioritaires pour leur conservation. Ces recherches ont permis de montrer que la forêt des marais Tanoé (non protégée) située à l'extrême sud de la Côte d'Ivoire à la frontière avec le Ghana, abritait encore des populations de cercocèbes et de cercopithèques. WAPCA Côte d'Ivoire est à l'origine de la création d'un comité de gestion communautaire chargé de préserver cette zone essentielle et organise régulièrement des campagnes de sensibilisation dans les villages de la région. Aujourd'hui, WAPCA Côte d'Ivoire et WAPCA Ghana travaillent au développement d'un programme de conservation transfrontalier réunissant la Forêt des Marais Tanoé d'un côté et la Réserve de Kwabre située au Ghana de l'autre, les deux sites n'étant séparés que par une rivière.
 
Le Zoo de La Palmyre est impliqué dans le financement du programme WAPCA depuis 2001.
 
Sites internet :
www.wapca.org
www.rasapci.org
 
 
[1]West African Primate Conservation Action.
[2]Endangered Primate Centre.
[3]EEP.

 
Crédits photos : WAPCA Côte d'Ivoire, WAPCA Ghana.