Programme tamarin à pieds blancs

Endémique à la Colombie, le tamarin à pieds blancs (Saguinus leucopus, appelé localement "tití gris") possède l'une des plus petites aires de répartition du genre Saguinus. Victime de la déforestation et surtout du braconnage pour le commerce illégal des animaux de compagnie, il est classé en danger sur la Liste Rouge de l'UICN[1].
 
Un programme de conservation initié en 2005 et réunissant plusieurs partenaires internationaux dont l'ACOPAZOA[2], l'EAZA[3], WCS[4] ainsi que de nombreux parcs zoologiques colombiens et européens, a défini un plan d'action ex et in situ regroupant les objectifs suivants :
- développement d'un programme d'élevage dans les zoos colombiens avec édition d'un Studbook,
- soutien logistique et financier des centres de sauvegarde et de réhabilitation de l'espèce en Colombie,
- étude de l'espèce en milieu naturel (distribution, densité, habitat disponible, structure génétique, état sanitaire)
- éducation et sensibilisation des populations locales à la préservation de l'espèce afin de lutter contre la chasse commerciale et le trafic,
- création d'une aire protégée pour l'espèce. 

Les résultats obtenus sont d'ores et déjà très encourageants puisque l'on connaît désormais précisément la distribution géographique de l'espèce et que les autorités ont enregistré une diminution du trafic des tamarins. 17 enclos ont été construits dans les parcs zoologiques colombiens et 49 bébés sont nés dans le cadre du programme d'élevage. L'organisation de workshops réguliers permettant de former les soigneurs des zoos ainsi que la mise en place de protocoles stricts en matière de soins vétérinaires et d'hygiène alimentaire ont permis de faire chuter la mortalité des animaux de façon spectaculaire. Enfin une prise de conscience semble s'être opérée dans le pays grâce aux différentes campagnes de sensibilisation menées par le programme (dont le Festival Titi Gris organisé chaque année dans les villes de l'aire de répartition de l'espèce), incitant de plus en plus d'acteurs locaux à s'impliquer dans le programme.
 
Aujourd'hui, l'un des objectifs prioritaire du programme vise à créer, en accord avec le gouvernement colombien, une réserve permettant de sauvegarder l'espèce à long terme dans son milieu naturel.
 
Le Zoo de La Palmyre apporte son soutien financier au programme depuis 2005. En 2006, le vétérinaire du zoo, Thierry Petit, s'est rendu en Colombie afin de réaliser une expertise des installations d'élevage et de former les vétérinaires locaux à la manipulation et à l'examen des callithricidés, ainsi qu'aux différentes pathologies susceptibles d'affecter ces petites primates.
 
 
[1]Union Internationale pour la Conservation de la Nature.
[2]Association Colombienne des Zoos et des Aquariums.
[3]Association Européenne des Zoos et des Aquariums.
[4]Wildlife Conservation Society.

 
Crédits photos : © L. Arias, P. Guibert, E. B. Ruivo, R. Torres.