Programme gorille de la Rivière Cross

Au cours de l'été 2009, le Zoo de La Palmyre a participé à l'Année du Gorille, une grande campagne internationale de conservation visant d'une part à sensibiliser le public sur les différentes menaces qui compromettent la survie à long terme des gorilles, et d'autre part à récolter des fonds pour les protéger. Les 13000 euros récoltés par le parc ont été reversés au programme de conservation des gorilles de la Rivière Cross (Gorilla gorilla diehli) classés « en danger critique d’extinction » sur la Liste Rouge de l’UICN[1] et comptabilisant moins de 300 individus à l'état sauvage.

Cette sous-espèce de gorille occidental vit dans une zone montagneuse chevauchant la frontière entre le Cameroun et le Nigeria. Sa raréfaction s’explique par la perte progressive de son habitat et par l’intensification du braconnage. La fragmentation des forêts isole les groupes les uns des autres, rendant les échanges presque impossibles. Par ailleurs, la construction de routes pour faciliter l’extraction des grumes ou désenclaver les villages reculés a facilité les incursions en forêt des braconniers. La chasse intensive a entraîné une chute brutale des effectifs de gorilles. Ils ne survivent plus aujourd’hui que dans des zones escarpées et très difficiles d’accès. Leur adaptabilité à ce terrain difficile et l’impénétrabilité de la région, ainsi que certains tabous concernant la consommation ou la vente de leur viande assurent pour l’instant la survie des 300 individus recensés, mais jusqu’à quand ?

WCS[2] gère la conservation des gorilles de la Rivière Cross au Cameroun et au Nigeria depuis 2001. La Palmyre finance aujourd'hui plus particulièrement le volet nigérian du programme.

Le programme au Nigeria
Sa zone d’action se situe au coeur des montagnes Mbe, situées à mi-chemin entre deux réserves officielles, le Parc National de la rivière Cross à l’est et le sanctuaire pour la faune sauvage de la montagne d’Afi à l’ouest. Cette région abrite une population d’une trentaine de gorilles, cernée par 9 communautés regroupant près de 12000 personnes. 11 éco-gardes issus des villages environnants sont chargés de collecter des données sur les gorilles et d’organiser des patrouilles anti-braconnage. Leur travail consiste notamment à détruire les collets et les camps de chasseurs trouvés en forêt. Grâce à un système de localisation par satellite, les gardes peuvent aussi évaluer la distribution et les mouvements des animaux, et évaluer l'échelle des menaces pesant sur la population.

Site internet : https://nigeria.wcs.org/
[1]Union Internationale pour la Conservation de la Nature.
[2]Wildlife Conservation Society.

Crédits photos : © A. Nicholas, A. Dunn, I. Imong, N. Lankester, WCS.