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Les tamarins lions dorés sont des petits singes endémiques à la forêt atlantique brésilienne et dont l'aire de répartition, extrêmement réduite, se situe à l'est de l'Etat de Rio de Janeiro. A la fin des années 60, leur statut dans la nature se dégrade brusquement en raison de l’exploitation forestière intensive et de l’expansion urbaine. Leurs effectifs sont alors estimés à moins de 200 individus.
 
Préoccupé par cette situation, le Centre de Primatologie de Rio décide d'agir pour sauver l'espèce et dynamise son élevage en captivité, tandis que l'Agence environnementale brésilienne IBAMA crée la réserve biologique de Poço das Antas (1974) afin de protéger les derniers biotopes encore intacts. Rapidement une collaboration avec des parcs zoologiques à l'étranger se met en place, de façon à maintenir une diversité génétique suffisante au sein de la population captive et bientôt, un programme international de conservation de l'espèce voit le jour.
 
En 1984 ont lieu les premières réintroductions dans la réserve de Poço das Antas. La Palmyre y prendra part en juillet 1992 avec l'envoi vers la réserve brésilienne d'une famille de trois tamarins lions nés au zoo.
 
Jusqu'en 2000, environ 150 tamarins lions dorés seront réintroduits dans la réserve, ainsi que dans des fragments de forêt privés adjacents. Dans le même temps seront également réalisées des translocations de groupes familiaux issus de petites portions de forêt isolées vers Fazenda União, devenue Réserve Biologique Fédérale en 1998.
 
Aujourd'hui, le nombre de tamarins réintroduits et leurs descendants totalise environ 750 individus, soit 50% de la population sauvage globale. Grâce au succès de ces opérations, le nombre de tamarins lions dorés est passé de seulement quelques centaines à plus de 1600 individus, entraînant en 2003 le déclassement de l'espèce de la catégorie "en danger critique" vers la catégorie "en danger" sur la Liste Rouge de l'UICN.
 
Toutefois, l'extrême fragmentation et la surface limitée de la forêt atlantique ne permettent plus de procéder à des réintroductions. La reforestation et l'établissement de corridors, de même que les translocations (permettant de maîtriser la génétique et la démographie) représentent donc aujourd'hui les meilleures chances de survie de l'espèce à long terme.
 
Le Lion Tamarin of Brazil Fund[1] vise à recueillir des fonds auprès des parcs zoologiques détenteurs de tamarins lions afin de pouvoir soutenir la conservation in situ des quatre espèces appartenant au genre Leontopithecus : le tamarin lion doré (Leontopithecus rosalia), le tamarin lion noir (Leontopithecus chrysopygus), le tamarin lion à tête dorée (Leontopithecus chrysomelas) et le tamarin lion à face noire (Leontopithecus caissara). Il finance ainsi des études comportementales et écologiques, des recensements, des translocations, des campagnes d'éducation environnementale, des opérations de reboisement ou encore l'achat de terrains privés dans le but de sécuriser et de pérenniser l'habitat des tamarins lions.

Site internet : www.ltbf.org
 
 
[1] Fonds des Tamarins Lions du Brésil.
 
Crédit photos : © LTBF, F. Perroux.