HURO

Le gibbon hoolock de l'Ouest (Hoolock hoolock) vit en Inde, au Bangladesh et en Birmanie. Menacée par la destruction de son habitat et la chasse pour la médecine traditionnelle et le commerce illégal des animaux de compagnie, l'espèce est classée en danger sur la Liste Rouge de l'UICN[1] en raison d'une baisse dramatique de ses effectifs. Ces 30 dernières années, on est passé d'environ 100 000 individus à moins de 5000 aujourd'hui, ce qui correspond à un déclin de plus de 90% de la population. Extrêmement fragmentée, composée de petites unités familiales isolées, la population des gibbons hoolock de l'Ouest ne réunit plus les conditions indispensables à sa survie à long terme.
 
Fondée en 2006, l'association française SVAA[2] a créé le programme Huro[3] afin de sauvegarder l'espèce au nord-est de l'Inde, dans le district des West Garo Hills situé au coeur de l'état de Meghalaya. Construit par l'association au coeur du village de Silsotchigre et à proximité immédiate de la réserve de biosphère de Nokrek, un centre de sauvegarde recueille les gibbons orphelins issus du braconnage et détenus chez les particuliers en vue de les réhabiliter et d'organiser, lorsque c'est possible, leur relâché dans une zone protégée. Il se compose d'un bâtiment de quarantaine, d'une petite clinique permettant d'effectuer les soins vétérinaires et de plusieurs grandes volières hébergeant les animaux.
 
Parallèlement à son activité de réhabilitation des primates issus du trafic, la SVAA mène des actions de sensibilisation auprès des habitants de la région, les Garos. Elle a ainsi rénové l'école de Silsotchigre et finance désormais entièrement son fonctionnement (paiement des salaires des instituteurs et des repas des enfants, achat des fournitures scolaires). L'école accueille près d'une centaine d'écoliers et intègre dans son programme des activités éducatives spécifiques en rapport avec la préservation de l'environnement et de la faune sauvage.
 
Aujourd'hui le programme Huro emploie une vingtaine de salariés. Il reçoit régulièrement des éco-volontaires et des étudiants menant des recherches éthologiques ou épidémiologiques. En 2012/2013, des enquêtes visant à évaluer la densité d'individus et la qualité de l'habitat dans différentes réserves forestières ont permis de déterminer le site de relâché pour les gibbons prêts à recouvrer la liberté : il s'agit de la réserve d'Angratoli, choisie pour sa faible population de gibbons, sa richesse en nourriture, sa densité d'arbres, ses frontières contrôlables et la stabilité sociale et politique de la région. Une décision validée par le Ministère des Forêts et de l'Environnement de Meghalaya.
 
Le Zoo de La Palmyre apporte un soutien financier régulier à la SVAA depuis 2009.
 
Site internet : www.association-svaa.com
 
 
[1]Union Internationale pour la Conservation de la Nature.
[2]Sauvegarde de la Vie Animale Arboricole.
[3]Huro signifie "gibbon" en langue Garo.

 
Crédit photos : © HURO.